22 Mai

Les Gardiens de la Galaxie : stars de ciné mais pas que…

Capture d’écran 2017-05-22 à 12.43.35Hollywood peut dire merci aux super-héros. Mais le contraire est aussi valable car, grâce au cinéma, certains personnages du neuvième art jusqu’alors moins connus y ont gagné une notoriété redonnant une second jeunesse à leurs œuvres. Comme cette bande bigarrée de mercenaires de l’espace…

Ce n’est pas pour rien qu’à l’excellente exposition actuellement consacrée aux personnages de DC Comics au Musée des Arts Ludiques à Paris les éléments des différentes adaptations cinématographiques de Batman, Superman ou des Avengers prennent désormais autant de place que les planches de BD originales. Après tout, si il y a encore trente ans les futurs fans découvraient comment les Quatre Fantastiques avaient acquis leurs pouvoirs ou les tourments de Matt Murdock alias Daredevil dans les pages de Strange ou Spidey, aujourd’hui c’est le cinéma qui est la nouvelle porte d’entrée toute désignée dans le monde des comics. Il suffit d’ailleurs de voir l’avalanche de films – plus ou moins réussis d’ailleurs – depuis une décennie…marvel2in1_00fc

Reste qu’au milieu de tout ça, Les Gardiens de la Galaxie font un peu figure d’exception. Pourquoi ? Parce que c’est le seul cas, pour l’instant, de héros dit ‘mineurs’ dont le succès au 7e art a dépassé largement leur notoriété sur papier. Pour dire, à l’instar de la Suicide Squad, ce rassemblement hétéroclite de héros venus des quatre coins de l’univers avec chacun leurs fêlures et leur personnalité hors normes était virtuellement inconnu en France jusqu’au carton surprise du film qui leur été consacré en 2014 (plus de deux millions d’entrées) et dont la suite est – déjà – sur les écrans depuis le 26 Avril dernier. D’où l’intérêt de ce recueil qui permet de faire un (petit) tour de la question.

guardians1969Bien sûr, ce volumineux tome (320 pages !) est loin d’être le premier édité en France sous leur seul nom mais il reste une belle porte d’entrée, même si la démarche a aussi ses limites. En gros, on y retrouve seize histoires, parues initialement entre 1960 et 2014, chacune sensée illustrer une de leur facette, soit en revenant aux origines, soit en se focalisant sur certains épisodes clefs de leur histoire. Or même si on retrouve quelques grands noms (notamment le mythique dessinateur Jack Kirby, qui signe leur toute première apparition, Sal Buscema ou encore Mike Mignola), la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, certaines apparaissant clairement ici avant tout pour des raisons historiques.

Et puis on passe d’un épisode très baston pif-paf-pouf à quelque chose de beaucoup plus introspectif sans crier gare, sans que les liens soient toujours très évidents. Mais il y a malgré tout un vrai souci de pédagogie (chaque histoire est précédé d’un rappel historique et sur ses auteurs) et surtout, même si on est à la limite de la surcharge pondérale, alors que les deux films misent avant tout sur l’action à tout va et le second degré, Nous Sommes Les Gardiens de la Galaxie permettent de mesurer l’incroyable richesse et la diversité de la série et comment elle est beaucoup plus profonde qu’elle ne paraît, ce pavé se révélant être bien plus qu’un simple complément de leur avatar cinématographique.

Olivier Badin

Nous Sommes les Gardiens de la Galaxie, Panini Comics / Marvel, 22 euros

21 Mai

Hibakusha : un récit romanesque envoûtant signé Cinna et Barboni chez Dupuis

9Fk0dx1pKktjOZZuLOUmkX6yS09g4WO3-couv-1200Ludwig Mueller n’est pas un nazi, ce n’est pas non plus un opposant, c’est un Allemand qui se fond dans la masse volontairement. Ne pas déranger l’ordre établi est sa priorité, presque sa devise…

« Je suis juste un homme qui exerce son métier du mieux qu’il peut », dit-il – peut-être – pour se rassurer. Ludwig Mueller n’est pas nazi, certes, mais il travaille pour le régime comme traducteur-interprète japonais. Et son dossier est excellent, « Le parfait aryen digne de confiance » disent de lui ses supérieurs. Alors, pour la deuxième fois, le régime l’envoie au Japon pour traduire des documents hautement confidentiels qu’il croira longtemps porter sur la purification de l’eau et la prévention des épidémies. Qu’il croira ou qu’il fera mine de croire ! Mais peu importe, partir à l’autre bout du monde, loin de sa femme et de son fils, n’est pas pour lui déplaire. La vie de famille ne l’a jamais intéressé, pas plus que les amours fades sans passion. Début 1945, Ludwig Mueller s’installe à Hiroshima où il rencontre une très belle Japonaise dont il tombe éperdument amoureux. Un amour qui a pour elle et lui un goût d’éternité. Mais l’Allemagne capitule et les États-Unis lâchent leurs bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki…

Direction le pays du Soleil levant pour cette très belle histoire d’amour inspirée de la nouvelle Hiroshima, fin de transmission de Thilde Barboni. C’est l’auteure elle-même qui signe l’adaptation du scénario et Olivier Cinna qui en assure la mise en images. Un travail de toute beauté, remarquable. Mais cette bande dessinée n’est pas simplement belle, elle a aussi l’intelligence d’aborder l’histoire avec un grand H sous un angle singulier, celui d’un Allemand (c’est encore assez rare!), qui plus-est en mission au Japon, et de nous interroger sur ce que nous, les hommes, pouvons laisser comme traces de notre passage sur cette planète. Hibakusha évoque aussi, bien sûr, la dévastation d’Hiroshima avec là aussi un angle singulier que nous ne dévoilerons pas ici afin de préserver le suspense. Le mot japonais Hibakusha, titre de l’album, désigne les survivants aux bombardements atomiques. Une fiction ancrée dans notre histoire, envoûtante et étonnante !

Eric Guillaud

Hibakusha, de Cinna et Barboni. Éditions Dupuis. 16,50€

© Dupuis / Cinna & Barboni

© Dupuis / Cinna & Barboni

20 Mai

Trump de A à Z, un abécédaire pour tout savoir du président des États-Unis

9782203149571A comme Anti système, B comme Bernie Sanders l’anti-Trump, C comme Climatoscepticisme, D comme Démagogue, E comme Enfance…

Et on pourrait continuer longtemps comme ça. Sur 96 pages, Hervé Bourhis, entouré d’une bonne trentaine d’auteurs BD parmi lesquels Hervé Tanquerelle, Hugues Micol, Terreur Graphique, Marion Montaigne ou encore Brüno, fait le tour de l’homme, de ses excès, de ses contradictions, de sa violence verbale, de sa bêtise vendu en paquet familial à une Amérique encore sur les fesses – en partie bien sûr – d’avoir pu mettre un tel personnage à la tête du pays.

Faut-il parler de Trump ou l’oublier ? Maintenant que nous avons de notre côté échappé au pire, on peut à nouveau et sereinement se pencher sur ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique. Et pour se remettre dans le bain, ce petit bouquin arrive à point nommé. Au delà des dessins parfois drôles, toujours pertinents, Hervé Bourhis dresse en une série de petits textes très courts le portrait du bonhomme et des gens qui gravitent autour de lui. Il nous rappelle sa vision de l’Europe, de l’éducation, de l’immigration, des médias, des femmes, des pauvres, du monde… et forcément ça fait peur !

Eric Guillaud

Trump de A  à Z, de Bourhis et collectif. Éditions Casterman. 8,95€ (en librairie le 24 mai)

© Casterman / Bourhis et collectif

© Casterman / Bourhis et collectif

10 Mai

Akira : le tome 2 enfin disponible !

IMG_0729

Onze mois. Il aura fallu patienter onze mois pour pouvoir tenir entre nos petites mains fébriles le deuxième tome de la réédition en noir et blanc du cultissime Akira de Katsuhiro Otomo. Un problème technique serait à l’origine de ce retard à l’allumage…

Je vous épargne le détail de ces problèmes techniques, l’important est de pouvoir enfin lire la suite de ce monument du manga, même si bien évidemment on connaît tous déjà l’histoire par coeur.

hormis de légers détails, ce deuxième volume est en tout point identique au premier. Exit la couleur, retour au noir et blanc, nouvelle traduction, onomatopées sous-titrées, jaquette originale et surtout, surtout, sens de lecture initial respecté pour une édition que l’on dit définitive, pilotée par le patron himself, Otomo, depuis le Japon.

Bref, vous pouvez éteindre la télé et reprendre votre activité normale de lecture. La suite ? L’éditeur nous assure qu’il ne faudra pas attendre autant de temps pour le troisième volume. On l’espère !

Eric Guillaud

Akira (tome 2), de Katsuhiro Otomo. Editions Glénat. 14,95€

17 Avr

Les aventures du héros de Peyo, Benoît Brisefer, en intégrale au Lombard

1507-1Un super-héros qui perd ses supers-pouvoirs au moindre rhume, il n’y avait qu’un Belge pour imaginer un personnage de la sorte. Et quel Belge ! Benoît Brisefer est né sous la plume et le pinceau de Peyo, le célèbre papa des Schtroumpfs.

Alors même que ses fameux Schtroumpfs prennent leur envol dans le journal Spirou avec leur propre série, que le succès de Johan et Pirlouit ne se dément pas, Peyo s’attelle aux aventures d’un nouvel héros baptisé Benoît Brisefer, haut comme trois pommes, un béret noir sur la tête, une veste rouge sur le dos, une écharpe bleue autour du cou et une force herculéenne qui lui permet de venir en aide à la veuve et l’orphelin, aux autres aussi. Enfin quand il n’est pas enrhumé !

Les Taxis rouges, aventure publiée dans le journal Spirou en 1960 et en album en 1962 est la première aventure de ce petit garçon qui joue aux billes le matin et aide la police à arrêter les brigands l’après-midi. Elle partage le sommaire de cette première intégrale parue au Lombard avec Madame Adolphine, Les douze travaux de Benoît Brisefer et un dossier de 32 pages. Le spécialiste Patrick Gaumer y retrace les premiers pas de Peyo dans le cinéma d’animation, la publicité puis la bande dessinée, l’apparition des Schtroumpfs dans la série Johan et Pirlouit, la création de Benoît Brisefer… tout ça en s’appuyant sur nombre de photographies, recherches graphiques, illustrations inédites… De quoi bien profiter du formidable trait de Peyo mais aussi de celui de Will qui signe les décors des deux premières aventures.

Eric Guillaud

Benoît Brisefer (intégrale tome 1), de Peyo, Delporte, Will et Walthéry. Éditions Le Lombard. 25,50€

08 Avr

Et il foula la terre avec légèreté : un plaidoyer pour la planète signé Mathilde Ramadier et Laurent Bonneau

790470_01A l’image du titre, cet album de Mathilde Ramadier et Laurent Bonneau est un concentré de poésie, un plaidoyer pour notre planète mise à mal par l’exploitation souvent abusive de ses ressources…

Et il foula la terre avec légèreté n’est pas une nouveauté du mois mais j’ose espérer que la durée de vie d’un livre, surtout tel que celui-ci, ne se compte pas dorénavant en une poignée de semaines. L’histoire est très simple. Ethan travaille pour un groupe pétrolier. Il est ingénieur forage mais ne s’est jusqu’ici jamais déplacé sur le terrain. C’est de son bureau à la Défense qu’il prenait les décisions. C’est donc un première pour lui. Son entreprise l’envoie en Norvège où on vient de découvrir du pétrole. Avant même que l’accord d’exploitation soit accordé, Ethan doit accompagner les premiers physiciens et géologues partis en reconnaissance.

Ethan débarque donc en Norvège, plus exactement à Svolvaer, dans l’archipel des Lofoten, au nord du pays. Un nouvel environnement avec lequel le jeune homme va devoir se familiariser. Il y parvient en allant à la rencontre de ses habitants, des pêcheurs ou familles de pêcheurs pour l’essentiel. Il découvre les hommes mais aussi la nature, omniprésente, immense, sauvage, miraculeusement préservée. Mais pour combien de temps encore ? « Je ne m’attendais pas à autant de richesse », confie-t-il à son épouse restée en France. Impossible de rester impassible devant le spectacle des aurores boréales. Et même s’il se dit encore passionné par son métier, par la recherche scientifique, les avancées technologiques, le progrès… ce voyage commence à mettre à mal certaines de ses convictions.

Il sait au fond de lui même que malgré les mesures de sécurité prises, une marée noire n’est pas impossible. Entre les impératifs de son travail et ses convictions écologiques, Ethan tente de se frayer un chemin au milieu d’un décor splendide, magnifiquement retranscrit par le trait épais de Laurent Bonneau. Une très belle réflexion sur nos choix de vie, sur l’écologie, l’homme… Une oeuvre belle et intelligente à la fois !

Eric Guillaud

Et il foula la terre avec légèreté, de Mathilde Ramadier et Laurent Bonneau. Éditions Futuropolis. 27€

© Futuropolis / Ramadier & Bonneau

© Futuropolis / Ramadier & Bonneau

07 Avr

Les 48H de la BD vendredi 7 et samedi 8 avril partout en France

Trois deux un… bullez ! La cinquième édition des 48H BD a débuté ce matin en France et en Belgique. Casterman, Dupuis, Delcourt, Soleil, Le Lombard… 12 éditeurs majeurs de la bande dessinée participent cet année encore, des éditeurs mais aussi 1500 libraires, des auteurs, des établissements scolaires…

La BD est en fête annoncent les affiches. Une fête qui rassemble chaque année des dizaines de milliers de participants, 300 000 selon les organisateurs, 299 999 selon la police, faisant de ce rendez-vous le premier événement dédié à la BD en France et en Belgique.

Des albums à 1€

Le principe est maintenant connu de tous. Pendant deux jours, 230 000 exemplaires d’une sélection d’albums sont mis en vente au prix de 1€. Dans la sélection 2017, vous trouverez un tome Dad, La guerre des Lulus, 14-18, Coeur Cerise, Léo Loden…

Des animations

Une centaine d’animations gratuites menées par les auteurs auront lieu partout en France et en Belgique, à destination des enfants, des adolescents et des adultes : ateliers, jeux éducatifs, battles de dessin, expositions, performances, rencontres, sans compter les nombreuses dédicaces. Parmi les auteurs participants : Jean-Christophe Chauzy (Decitre à Lyon), Christian et Lou Darasse (Filigranes à Bruxelles) Florence Dupré-Latour (Decitre à Lyon), Espé (Ombres blanches à Toulouse), Désirée et Alain Frappier (Ombres blanches à Toulouse), Miles Hyman (Bulle au Mans), Philippe Larbier (Bédélire à Tours), Marzena Sowa et Sylvain Savoia (Momie à Metz), Frédéric Volante (Comic Strip Café à Antibes)…

Dans les hôpitaux

Les 48H BD s’associent cette année à Coucou nous voilou, une association caritative menant des projets dans les hôpitaux pédiatriques et les centres spécialisés, afin d’embellir les conditions de séjour des jeunes
hospitalisés. L’association propose en exclusivité en Europe le projet AbracadaBox : des boitiers cache poches de perfusion, aux couleurs des super-héros et personnages célèbres appréciés des enfants et  adolescents, pour les séances de chimiothérapie notamment, et qui leur permettront de mieux vivre et accepter la maladie et les soins qui leur sont prodigués.

Eric Guillaud

Plus d’infos sur les 48H BD ? C’est ici