14 déc

Les Secrets du chocolat : quand un illustrateur s’invite dans l’atelier de Jacques Genin

secrets-du-choc-bfa5b091454-originalTout le monde connaît Jacques Genin, tous ceux en tout cas qui s’intéressent de près ou de loin au chocolat. L’homme possède son propre laboratoire depuis une quinzaine d’années à Paris et a ouvert il y a environ sept ans un salon de thé-pâtisserie-chocolaterie dans le quartier du Marais, où se bouscule le grand public.

Mais ce sont bien les palaces et les chefs étoilés qui ont fait la renommée de cet artisan, comme lui-même se définit. Un artisan qui travaille une matière d’exception, sensuelle à souhait, une gourmandise pour tous les âges et tous les palais. Alors bien sûr, quand ce fondeur en chocolat de génie vous ouvre les portes de son laboratoire et vous laisse carte blanche pour réaliser une bande dessinée sur son travail, le bonheur n’est pas loin.

C’est ce qui est arrivé à Franckie Alarcon, illustrateur pour l’édition culinaire. « Tu viens quand tu veux, pas la peine de téléhoner avant« , lui a dit Jacques Genin. Alors Franckie ne s’est pas gêné, il est venu de nombreuses fois entre décembre 2013 et septembre 2014, se glissant dans la peau d’un passionné très curieux, parfois dans celle d’un élève ou même d’un simple stagiaire.

A l’arrivée, Franckie Alarcon nous offre une bande dessinée qui a tout d’une gourmandise fondante. On y revient sans cesse pour se replonger dans l’atmosphère de cet atelier magique, tester les quelques recettes, conseils et secrets qui ponctuent l’ouvrage, et suivre à nouveau Franckie Alarcon dans son voyage au coeur des plantations de cacaoyers en Amazonie. Un album pour tous les addicts au chocolat et les amoureux de la BD reportage!

Eric Guillaud

Les Secrets du chocolat, voyage gourmand dans l’atelier de Jacques Genin, par Franckie Alarcon. Editions Delcourt. 15,95,€

© Delcourt / Alarcon

© Delcourt / Alarcon

09 déc

Un nouvel album de Spirou et Fantasio ? Une nouvelle interview de Yoann et Vehlmann !

© éric guillaud

© éric guillaud

Le nouvel album de Spirou et Fantasio, « Le groom de Sniper Alley », est disponible depuis quelques jours, une aventure 100% nantaise avec Yoann au dessin et Fabien Vehlmann au scénario. Au menu, de l’aventure bien sûr mais aussi de l’humour, un trésor, un dictateur et un pays en guerre.

En 76 ans de bons et loyaux services, le groom Spirou est passé entre les mains d’une bonne vingtaine d’auteurs parmi lesquels son créateur Rob Vel, mais aussi Franquin, Jijé, Fournier, Tome, Janry, Morvan, Munuera…

Des noms prestigieux pour un personnage qui l’est tout autant. Chacune de ses aventures est un événement national, voire international, mais aussi régional. Depuis 4 ans, en effet, Spirou est nantais. Le dessinateur Yoann et le scénariste Fabien Vehlmann ont été chargés d’en assurer la destinée. Ensemble, ils ont déjà signé « Alerte aux Zorkons » en 2010, « La Face cachée du Z » en 2011 et « Dans les griffes de la Vipère » en 2013. Ils sont aujourd’hui de retour avec « Le Groom de Sniper Alley« .

Heureux mais conscients du lourd héritage, Yoann et Fabien Vehlmann impriment leur marque sur la série en respectant son esprit initial. Comment fait-on pour y parvenir, c’est l’une des nombreuses questions que nous voulions leur poser. Direction La Cigale, brasserie historique du centre de Nantes, pour une rencontre informelle avec ces deux auteurs très sympathiques. Garçon, un café. Interview…

La suite ici

L’avenir de Professeur Cyclope : interview de Fabien Vehlmann

CapturecylcopeOn croyait l’aventure sur le point de s’arrêter. Mais non ! Fabien Vehlmann, rencontré à l’occasion d’une interview sur le dernier Spirou, nous apporte quelques précisions sur l’avenir de la revue numérique et nous rassure… un peu ! « Nous avons du faire face à de grosses difficultés technologiques, que ce soit avec les entreprises comme Air France qui n’avaient pas le matériel nécessaire pour nous raccorder sur leur kiosque numérique ou avec les individuels qui n’arrivaient pas à lire la revue sur certains supports. Du coup, on s’est retrouvé avec un gros manque à gagner. Notre modèle qui était logiquement sensé s’affranchir de la coproduction initiale avec Arte s’est révélé non fiable. En fait, nous étions trop en avance. Il manque un standard de diffusion qui corresponde à ce qu’on veut faire artistiquement et ce standard ne devrait pas être disponible avant 3 ou 4 ans. Nous avons tous fonctionné à l’énergie et à l’enthousiasme, nous n’avons plus aujourd’hui l’énergie du début. Malgré tout, et c’est LA bonne nouvelle, on continue en 2015 pour une année supplémentaire, toujours avec Arte. On réfléchit cependant à un nouveau rythme, qui ne sera donc plus mensuel et à une nouvelle visibilité sur le site internet d’Arte ».

 
Eric Guillaud

Le site de Professeur Cyclope ici

07 déc

Spirou 4000 dans les kiosques mercredi 10 décembre

Spirou-4000Non, je vous rassure, ça ne fait pas 4000 ans qu’il existe mais 76 ans. Et c’est déjà énorme pour un magazine, qui plus est jeunesse !

En fait, le journal Spirou fête cette semaine son numéro 4000. C’est tout rond et c’est finalement l’occasion d’offrir aux lecteurs un numéro spécial de 100 pages autour des personnages habituels.

Vous y retrouvez notamment Boule et Bill, Buck Danny, Soda, Pierre Tombal, Cédric… et bien évidemment Spirou, le personnage cette fois, qui déclare dès la première case ne plus se sentir à sa place dans les pages du magazine. Un petit coup de déprime passager qui va nous entraîner dans une aventure fantastico-délirante dont Fabien Vehlmann et Yoann ont le secret. Joyeux numéro 4000 !

Eric Guillaud

30 nov

Hommes à la mer, des nouvelles adaptées en BD par Riff Reb’s

Couv_226433Ouvrir un album de Riff Reb’s, c’est à coup sûr embarquer pour une sacré aventure, un voyage au long cours. Chaque planche, chaque vignette, chaque mot nous plonge dans une atmosphère singulière, dramatique et sombre, parfaite pour les histoires maritimes. Et ça tombe bien car Hommes à la mer est une histoire ou plus exactement un recueil d’histoires maritimes, huit nouvelles librement adaptées de Conrad, Hodgson, Mac Orlan, Allan Poe, Schwob ou encore Stevenson. On y parle de la mer bien sûr, de la vie et de la mort, de marins, de galériens, d’explorateurs, de pirates…

« Il ne s’agit pas de planches publiées à droite et à gauche, et rassemblées ici au hasard », tient à préciser l’auteur lui-même, « J’ai donc passé du temps à organiser ce puzzle dans l’espoir qu’elle s’imbriquent toutes d’une façon cohérente mais variée. Ceci étant, chaque lecteur fera le voyage à sa manière, il peut tout aussi bien les lire dans le désordre. Je n’ai pas de prétention de ce point de vue, je me contente du rôle d’orchestrateur. »

Après A bord de l’étoile Matutine et Le Loup des mers, Hommes à la mer boucle une trilogie maritime rendant hommage aux plus grands auteurs de romans d’aventure. Trois albums divinement noirs également disponibles en coffret !

Eric Guillaud

Hommes à la mer, de Riff Reb’s. Editions Soleil. 17,95 €

28 nov

Angoulême 2015 : le 42e festival de la bande dessinée a dévoilé hier son programme complet

angouleme2015International ! Ce sera l’esprit de cette 42e édition du festival de la bande dessinée d’Angoulême.

International tout d’abord par son président, l’auteur américain Bill Watterson, créateur de la série Calvin et Hobbes. Pour l’occasion, le lauréat 2013 du Grand prix d’Angoulême a accepté de dessiner l’affiche du festival. Mais il ne fera pas le déplacement !

International aussi par ses expositions. A commencer par la rétrospective consacrée à l’œuvre du Japonais Jirô Taniguchi (L’homme qui marche, Au temps de Botchan, Les Années douces…). L’auteur le plus européen du Soleil levant sera présent à Angoulême, annonce le festival.

Bill Watterson aura lui-aussi son exposition, tout comme l’Américain Jack Kirby ( Captain America, Hulk…) ou le Français Fabien Nury (Tyler Cross…)

International enfin par sa sélection officielle. 35 albums parmi lesquels  L’Arabe du futur de Riad Sattouf, Cet été-là de Jillian Tamaki et Mariko Tamaki, Love in Vain de Mezzo et Dupont, Last Man de Balak, Sanlaville et Vivès, Un Océan d’amour de Lupano et Panaccione, Hommes à la mer de Riff Reb’s, Lune L’envers de Blutch, Building Stories de Chris Ware…

Le programme dans le détail ici

Eric Guillaud avec AFP

27 nov

Serge Clerc, le rock et la BD en intégrale chez Dupuis

LqglCwPnywChjkaFaEFBW2S7khC8txy5-couv-1200Faut-il regretter les années 70/80 ?

Non, diront les djeunes nés avec internet, YouTube et la musique dématérialisée accessible n’importe où et n’importe quand. Sauf que, à cette époque-là mes enfants, et excusez-moi pour l’apparente familiarité, le rock n’était pas juste un moyen de se dérouiller les gambettes et les neurones un samedi soir par mois. Le rock était une culture, un mode de vie même, une vision de l’avenir. On écoutait The Clash, The Jam, The Damned, les Sex Pistols, Elvis Costello, Starshooter, les Fleshtones, les Dogs… sur des vinyles, oui ça vous dépasse, même pas encore sur des CD, ces petites choses rondes et compactes que vous avez aussi rangées aux oubliettes ou empilées sur le bûcher de la modernité. Alors forcément, Serge Clerc, ça ne vous parle peut-être pas. Non, Serge Clerc n’est pas un homme politique du 20e siècle, ni même un philosophe, encore moins un économiste. Serge Clerc est tout simplement l’un des grands dessinateurs de la culture rock justement, patron de la Nouvelle ligne claire, un gars qui a écrit quelques une des plus belles pages de bandes dessinées rock, des illustrations aussi pour les magazines Rock & Folk ou Métal Hurlant, des pochettes de disques, des affiches de concert…. Et c’était bien !

Pour ceux qui ont connu cette grande et belle époque, pour les autres aussi qui auraient gardé un brin de curiosité sur une époque analogique, alors voici l’un des plus beaux livres en cette veille de Noël, une Intégrale Rock de près de 400 pages qui réunirait selon l’éditeur, selon la police aussi, à peu près 550 oeuvres de Serge Clerc autour de cette musique bénie des dieux. J’en fait trop ? Oui… la nostalgie peut-être !

Ah… j’oubliais, ce livre est à tirage limité, 2500 exemplaires à tout casser, avec frontispice numéroté et signé. Alors ?

Eric Guillaud

Intégrale Rock, de Serge Clerc. Editions Dupuis. 45 €

21 nov

« Chi une vie de chat », le onzième tome de la série à succès tombe à pic pour Noël

Capture d’écran 2014-11-20 à 20.52.33Vos enfant vous réclament obstinément un chat ? Et ils ne lâchent rien ? J’ai peut-être une solution pour retarder l’inéluctable : offrez leur un album de Chi, le onzième par exemple, il vient tout juste de paraître. Non pas que ça les dissuadera d’aller plus loin dans leur demande, mais, au moins, vous obtiendrez une pause salutaire le temps de la lecture, soit une quarantaine de minutes.

Car se plonger dans les aventures de Chi, c’est un peu comme avoir tout d’un coup un chat à soi, les poils sur le canapé et les miaulements nocturnes en moins. Au Japon, où il a fait ses premiers pas, comme en France où il a pointé le bout de son museau en 2010, les enfants l’ont adopté par centaines de milliers. Trop chou, le Chi ! Une petite boule de poils absolument mimi qui ne peut que faire fondre petits et grands. C’est un héros, un vrai, qui découvre la vie de chat en même temps que celle des humains. Dans ce onzième volet, Chi va avoir la peur de sa vie. Ses maîtres sont partis en voyage et ont confié sa garde à un oncle. Mais Chi est persuadé que ses maîtres ont été adoptés et qu’ils ne reviendront jamais…

Le propos est universel, le langage chat, international, le graphisme, épuré, le découpage, simple, à la portée de tous. Les aventures de Chi sont aujourd’hui publiées dans 13 pays à travers le monde. En France, plusieurs centaines de milliers d’exemplaires ont été vendus et une série animée de 48 épisodes est actuellement diffusée sur la chaîne Piwi+.

Eric Guillaud

Chi une vie de chat (tome 11), de Konami Kanata. Editions Glénat. 10,75 €

À lire aussi : Pourquoi petits et grands raffolent-ils de Chi Une vie de chat de la Japonaise Konami Kanata ?

13 nov

Moby Dick livre second, suite et fin de l’adaptation signée Chabouté chez Vents d’Ouest

Couv_228178« C’est un mauvais voyage, mal commencé, mal poursuivi », hurle un des marins du baleinier Pequod à l’encontre du capitaine Achab. Et de le supplier de ramener tout le monde à bon port. Mais le capitaine n’a que faire de ces supplications. Impossible pour lui de toucher terre sans avoir combattu le fameux cachalot blanc, Moby Dick, qui lui a jadis arraché une jambe. Une véritable obsession ! Et ce moment tant attendu par le vieil homme pourrait bien être arrivé…

Une adaptation magistrale du roman d’Herman Melville, souligne la maison d’édition Vents d’Ouest, et c’est vrai. L’adjectif est même au dessous de la réalité tant le diptyque de Chabouté est à tous points de vue une réussite. Nous en avions déjà dit le plus grand bien au moment de la sortie du premier volet, nous ne pouvons aujourd’hui que nous répéter. Le deuxième et dernier volet sorti ces jours-ci est à la hauteur du premier. L’auteur qui nous confiait dans une interview ne jamais avoir mis les pieds sur un bateau, souffrant d’un terrible mal de mer, a su nous embarquer, et de quelle belle façon, dans ce merveilleux récit, pièce maîtresse du patrimoine littéraire mondial.

A la question de savoir ce qui l’avait amené précisément à adapter le roman d’Herman Melville, Christophe Chabouté nous répondait il y a quelques mois : «  Le défi de s’attaquer à un monument… La mince frontière entre l’acharnement et la folie d’Achab… Raconter avec des silences une grande partie de ce qu’a raconté Melville avec des mots et tenter d’en dire autant. Et puis j’ai l’océan tout autour de moi, je respire de grandes bouffées d’iode tous les jours et quand j’ouvre la fenêtre de mon atelier, par grosse houle, j’entends les vagues se briser sur la plage, ça aide ! » (l’intégrale de l’interview à lire ici)

Du très beau boulot !

Eric Guillaud

Message personnel : toujours prêt à boire un verre moussaillon

Moby Dick, livre second, de Chabouté. Editions Vents d’Ouest. 18,50 €

10 nov

Soda la résurrection, une treizième aventure signée Dan Verlinden et Philippe Tome

Couv_226118He’s back ! Il est de retour et, franchement, ça fait un bien fou de le revoir même si il a un peu changé, un peu vieilli peut-être, notre saint flic. Sinon rien de changé. Tenue de pasteur obligatoire pour sa mère, histoire qu’elle ne fasse pas un arrêt cardiaque immédiat, et flingue pour les gangsters de tous poils qu’il croise au quotidien. Soda, le seul flic au monde à rentrer chez maman tous les soirs en tenue de curé. Et elle y croit toujours, comme les enfants croient au Père Noël. Mais la vie du lieutenant Soda, alias David Ellioth Hanneth Solomon, n’a pas grand chose à voir avec celle d’un pasteur sauf peut-être côté dévouement. Et cette fois, il va en falloir du dévouement pour faire face à ces terroristes qui menacent de perpétrer des attentats dans le métro new-yorkais…

Neuf ans qu’on ne l’avait pas vu ! Depuis Code Apocalypse. A l’époque, Bruno Gazzotti assurait encore le dessin. Aujourd’hui, c’est Dan, Dan Verlinden,  qui a repris le flambeau. Et avec succès ! Les ambiances sont sombres à souhait et les planches dynamiques. Un premier album réussi malgré un enchainement de scènes parfois un peu compliqué à suivre.

Eric Guillaud

Résurrection, Soda (tome 13), de Verlinden et Tome. Editions Dupuis. 12 €

© Dupuis / Dan & Tome

© Dupuis / Dan & Tome