28 Fév

Les Tuniques bleues en intégrale : les derniers récits de Salvérius

1PUFMeNrJDeUoWhUBQOsV5mr3w1H187s-couv-1200Si le nom de Lambil est aujourd’hui associé à ceux de Cauvin et des Tuniques Bleues, c’est un autre auteur belge qui a créé graphiquement la série. Son nom : Salvérius. Il a assuré les aventures de Blutch et Chesterfield pendant quatre petites années avant d’être victime d’un infarctus, juste le temps de signer quelques récits courts et deux longs (Et pour quinze cents dollars en plus et Outlaw), qui se trouvent réunis dans le second volet de cette intégrale.

Au décès de Salvérius en mai 1972, c’est Lambil qui est choisit pour reprendre le dessin. « Lorsque Dupuis et Raoul (Cauvin, ndlr) m’ont téléphoné et demandé de terminer les dernières pages des Hors-la-Loi, j’ai presque cru à une blague. J’ai vraiment hésité. J’ai malgré tout accepté de les dépanner ». Ces propos rapportés par Patrick Gaumer dans le très riche dossier qui accompagne l’intégrale, sont ceux d’un ami désireux avant tout de ne pas laisser la famille de Salvérius dans l’embarras. « J’ai tout d’abord réalisé divers croquis et j’ai achevé une planche qui avait été à demi crayonné par Louis (…) J’avoue que j’ai traversé un grand moment de solitude. Je me suis efforcé de coller au dessin de Salvérius, de le copier, même ». Finalement, Lambil termina l’épisode laissé inachevé par Salvérius et assura la continuité graphique de la série qui compte 59 albums à ce jour.

Dans le deuxième volet de cette intégrale sont réunis les récits Et pour quinze cents dollars en plus, Outlaw, Des Bleus et des Tuniques ainsi que plusieurs mini récits et la suite du dossier élaboré par Patrick Gaumer, les coulisses de la création avec de nombreuses illustrations et photos.

Eric Guillaud

Intégrale Les Tuniques Bleues (tome 2), de Cauvin et Salvérius. Editions Dupuis. 24 €

25 Fév

Lennon, l’adaptation en BD du roman de Foenkinos par Corbeyran et Horne

9782501103725-001-X_0The Beatles, John Lennon, ne font pas partie de mes musiciens de prédilection. Bien sûr je connais d’eux ce que la grande majorité des gens connaissent. Mais sans plus…

Et puis je suis tombé sur cet album de Corbeyran et Horne, enfin disons plutôt qu’on me l’a envoyé. Une attachée de presse qui fait bien son boulot. Tellement bien qu’elle m’a rappelé au bout de quelques jours pour savoir ce que j’en avais pensé. Honte à moi, je n’en pensais rien parce que je ne l’avais pas lu. Au fil des jours et des semaines, l’album s’était retrouvé coincé sous la pile bancale des choses urgentes à lire, pas franchement en bonne situation. Son coup de fil eut pour effet de le faire remonter en première position. Comme quoi un coup de fil vaut parfois mieux que dix mails. Je l’ai donc ouvert. Et là, surprise, en première page et sous toutes les coutures, le Dakota, un building new-yorkais situé face à Central Park.

Belle coïncidence ! Je revenais justement d’un voyage à New York, mon premier, et ressentais une certaine frustration de ne pas avoir pu visiter toutes les rues, tous les quartiers, tous les recoins de la ville. Et notamment ce quartier et cet immeuble, très prisés des gens fortunés. C’est là qu’habitait Lennon, c’est d’ailleurs toujours là, je crois, que séjourne Yoko Ono. C’est aussi là, à l’entrée du building que le musicien a été assassiné en décembre 1980 par Mark David Chapman, depuis lors en prison.

Je m’égare. Cette adaptation du roman de David Foenkinos ne porte pas sur l’assassinat en lui-même de John Lennon, pas plus que sur l’histoire de ce building aussi célèbre aujourd’hui que ses locataires. Non, l’album Lennon parle de Lennon tout simplement, de son enfance, de son père, de sa mère, de ses enfants, de ses blessures, d’Elvis Presley, des Beatles bien sûr, de sa rencontre avec Paul, des premiers concerts, du succès, de la drogue, des filles, bref de ce tout qui a fait sa vie, de ce qui l’a construit en tant qu’artiste, en tant qu’homme.

Et qui mieux que Lennon pour nous en parler ? David Foenkinos hier, Corbeyran et Horne aujourd’hui, nous font pénétrer dans l’intimité de la star en imaginant ses confidences sur le divan de son psychanalyste, 18 séances, autant de chapitres, et un épilogue forcément triste qui nous en apprennent beaucoup sur Lennon. Un récit construit avec intelligence et clairvoyance, une bio surprenante, une adaptation qui vous prend les tripes de la première à la dernière page. Passionnant !

Eric Guillaud

Lennon, de Foenkinos, adapté par Corbeyran et Horne. Eidtions Marabout. 17,90 €.

24 Fév

Journal d’Anne Frank : une première adaptation en BD signée Ozanam et Nadji

journal-danne-frankAussi étonnant que cela puisse paraître, l’album d’Ozanam et Nadji est la première adaptation en bande dessinée du Journal d’Anne Frank, ce puissant témoignage sur l’antisémitisme et le nazisme paru en 1947, traduit depuis en 70 langues et vendu à plus de 30 millions d’exemplaires.

Un best seller qui aurait dû tomber dans le domaine public en janvier dernier, 70 ans précisément après la mort d’Anne Frank, mais le Fonds Anne-Frank s’y est fermement opposé prétextant que le texte avait été modifié par le père d’Anne, Otto Frank, ce qui fait de lui un co-auteur et du Journal une oeuvre posthume protégée… Une tambouille qui aurait pour résultat de repousser l’échéance à 2037 voire 2051. Bref aux calendes grecques !

Quoiqu’il en soit, voici donc l’adaptation dessinée d’une oeuvre immortelle. On imagine que pour les auteurs, Ozanam et Nadji, l’affaire ne fut pas si simple. Une adaptation n’est jamais simple à vrai dire, plus encore dans ce cas. Mais force est de constater que l’un au scénario et l’autre au dessin s’en sortent plutôt bien avec un parti pris graphique séduisant et une palette de couleurs réduite qui nous plonge instantanément dans l’atmosphère de cette histoire singulière.

Pas franchement partisan des adaptations, Ozanam n’a pourtant pas hésité quand les éditions Soleil lui ont proposé ce projet. « Quand ma fille eut 12 13 ans… » confie le scénariste Ozanam à nos confrères de France 3 Poitou-Charentes, « je lui ai dit qu’il fallait qu’elle le lise, je l’avals déjà fait pour mon fils avant, c’est un passage obligé. Et si on peut être un passeur supplémentaire pour aider à ce qu’on ne l’oublie pas, c’est bien ». C’est même l’essentiel ! Une BD à mettre bien évidemment entre toutes les mains, même entre celles qui ont déjà porté le journal dans sa version initiale.

Eric Guillaud

Journal d’Anne Frank, par Ozanam et Nadi. Editions Soleil. 17,95 €

23 Fév

Rencontre avec Ronan Toulhoat, dessinateur du thriller médiéval « Le Roy des Ribauds »

Il est Illustrateur, graphiste, storyboarder, designer… a signé une bonne vingtaine d’albums parmi lesquels Block 109, une uchronie sur la Seconde guerre mondiale, Chaos Team, Les Divisions de fer, ou encore Le Roy des Ribauds dont il vient tout juste de sortir le deuxième tome avec son compère Vincent Brugeas.

Le Roy des Ribauds est un thriller médiéval publié chez Akileos, un genre de Game of Thrones sous Philippe Auguste,  un récit au format comics, reposant « sur un encrage très fort, dense et contrasté », explique Ronan Toulhoat dans une interview accordée au site 9emeart.

Manceau depuis un an, Ronan Toulhoat expose à la librairie Bulle une série de portraits des personnages de la série Le Roy des Ribauds jusqu’au 5 mars.

Marine Rondonnier et Renaud Wagenaar de France 3 Maine l’ont rencontré, un reportage à découvrir ici-même…

21 Fév

L’Art et Le Chat, une expo qui réunit Philippe Geluck, Basquiat, Boudin, César, Klein, Soulages, Warhol…

paris-expo-geluck-le-chat-688x3601Ceci est un chat. Un chat que vous avez peut-être déjà aperçu accroché aux cimaises de quelques galeries parisiennes mais aussi et surtout reproduit dans de beaux albums publiés aux éditons Casterman. Le Chat de Geluck est une star de la bande dessinée franco-belge, une star tout court qui n’a pas à rougir de cette proximité offerte aujourd’hui avec les Beaux Arts.

Une expo au poil

Basquiat, boudin, César, Keith, Haring, Klein, Soulages, Vasarely, Warhol… l’exposition L’Art et Le Chat du Musée en Herbe à Paris présente une trentaine d’oeuvres emblématiques de l’histoire de l’art et l’interprétation qu’en fait Le Chat de Geluck. Avec bien sûr la patte du chat, une bonne dose de rigolade et d’ironie.

« Le Chat doit rester Le Chat dans tous les sujets qu’il aborde : politique, culture, société, arts… », précise Geluck, « Aucun n’échappe à son ironie mordante, parfois féroce. Et pourtant, Le Chat est un tendre qui aime partager ses émotions. Il est un faux candide. Le plus souvent, il soumet un propos à la réflexion du lecteur (spectateur) (…) Il est clair que je n’évoque dans mes détournements que ceux que j’admire, mais ce que je garde souvent secret, c’est la raison pour laquelle je les admire. Au spectateur d’essayer de la décrypter ».

Une expo pour les 3 à 103 ans

Une trentaine d’oeuvres d’art donc et autant de détournements, d’hommages, de clins d’yeux signés Geluck, L’art et Le Chat est une exposition d’initiation à l’histoire de l’art mais pas seulement, c’est aussi une réflexion humoristique et la présentation d’une autre facette du travail de Geluck.

Une expo et un catalogue

Une expo éphémère (jusqu’au 31 août tout de même) et un livre pour immortaliser l’événement, le catalogue de l’expo en fait, 72 pages en couleurs qui nous permettent de faire le tour des oeuvres détournées. La Joconde de Léonard de Vinci, Le Discobole de Myron, la laitière de Vermeer, la cathédrale de Monet, le cri de Munch, Mao de Warhol… C’est beau, c’est drôle, c’est intelligent.

Eric Guillaud

L’Art et Le Chat, de Geluck. Editions Casterman. 14,50 €

L’info en + : L’expo est visible jusqu’au 31 août 2016 au Musée en Herbe rue de l’Arbre sec à Paris. Ouvert tous les jours de 10 à 19h00, nocturne le jeudi jusqu’à 21h00. Des baby-visites ainsi que divers ateliers pour enfants sont programmés certains jours. Toutes les infos ici.

20 Fév

Berlin 2.0 ou le modèle économique allemand testé par Mathilde Ramadier et Alberto Madrigal

9782754816311Testé mais pas franchement approuvé ! Le modèle économique allemand recèle quelques petites singularités qui nous rappellent que l’Europe est encore à construire…

C’est pourtant plein d’espoirs que la jeune Margot rejoint la capitale allemande, LA ville où il faut être, celle qui offre dit-on une qualité de vie meilleure et un marché du travail plus dynamique, « plus moderne, plus prometteur, plus créatif » souligne le narrateur dès la première page de cet album paru aux éditions Futuropolis. Et puis Margot en a assez de Paris. Loyers trop chers, pas de boulots, la jeune femme étouffe et ressent un besoin urgent de changer d’air. Direction Berlin où ce sera toujours mieux pense-telle ! Toujours ? Pas vraiment. Si Margot n’a effectivement aucun mal à dégoter un emploi, c’est une autre affaire pour se faire payer correctement. C’est la face cachée du modèle allemand. Pas de couverture sociale, pas ou peu de CDI, un temps de travail à rallonge, pas de salaire minimum à cette époque – nous sommes en 2011 – parfois pas de salaire du tout, Margot déchante mais ne perd pas tout à fait espoir. La ville offre une telle ouverture sur le monde culturel, une telle possibilité de rencontres…

Berlin, ils connaissent ! Le dessinateur d’origine espagnole Alberto Madrigal y vit depuis plusieurs années, la scénariste Mathilde Ramadier y a elle aussi séjourné. C’est d’ailleurs son expérience qu’elle raconte ici sous les traits du personnage Margot. Une expérience loin d’être unique – 20 à 30 000 Français vivent à Berlin – mais une expérience subtilement racontée et dessinée. Berlin 2.0 nous dévoile de façon très intelligente, très sereine aussi, la face obscure du miracle allemand, les boulots non payés, le taux de chômage relativement élevé à Berlin, les start-up qui jonglent avec les stagiaires et les promesses d’embauches… Un album qui remet à leur place pas mal de fantasmes sans pour autant briser le rêve d’une vie berlinoise. Tenté(e)s par une expat de l’autre côté du Rhin ? Alors, cet album est un peu fait pour vous… mais aussi pour tous les autres.

Eric Guillaud

Berlin 2.0 de Mathilde Ramadier et Alberto Madrigal. Editions Futuropolis. 18 €

02 Fév

Regarde les filles : un album de François Bertin avec des femmes, des femmes et encore des femmes

Couv_270326« Vous les femmes, vous le charme, Vos sourires nous attirent nous désarment, Vous les anges, adorables… ». Bon, je ne sais pas si cette intrusion musicale dans cette présente chronique fera plaisir à François Bertin mais oui, je dois l’avouer, son album m’a immédiatement fait revenir en tête cette chanson du grand Julio Iglesias. Pour quelqu’un qui n’écoute que du pop-rock, c’est un peu étrange mais c’est la vérité. Et je ne remercie pas l’auteur. Impossible depuis la lecture de son livre de chasser de ma tête cet air et ces paroles d’un autre siècle.

Je ne le remercie pas. Enfin si, un peu quand même, parce que son album le mérite. François Bertin, transfuge du film d’animation, signe ici une très belle déclaration d’amour en direction de la gent féminine à travers un personnage, Antoine, alias François Bertin, personnage qui cause peu mais n’en pense pas moins. Sur près de 300 pages, on le voit tomber raide dingue amoureux d’une quantité invraisemblable de femmes, à commencer par sa mère, puis d’une speakerine de TF1, puis d’une vraie poupée Barbie en plastique, puis de sa maîtresse (d’école), puis d’une infirmière, puis de la soeur d’un copain, puis d’une inconnue dans la rue, bref de la femme en général, qu’elle soit mère, soeur, amie, amante…

Dans une interview accordée à Thierry Groensteen pour le site neuviemeart de La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, François Bertin explique : « Au départ je voulais mettre en scène des éléments de ma vie, depuis l’enfance jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans, mais peu à peu le propos s’est resserré autour de mes rencontres avec des personnages féminins. C’est devenu le fil conducteur du récit. Il y a ma mère, ma sœur, ma grand-mère, mon institutrice, ma prof de dessin, et bien sûr mes amoureuses. Je termine par la rencontre de la femme ultime !« 

Maintenant que j’y pense, Regarde les filles me fait aussi revenir en mémoire la chanson J’aime regarder les filles de Patrick Coutin. « J’aime regarder les filles qui marchent sur la plage, Les hanches qui balancent et les sourires fugaces, Je regarde les vagues qui jouent avec leur corps« . C’est déjà un peu plus rock, un peu plus charnel, plus proche finalement de l’album de François Bertin. Vous me direz, ça ne change pas grand chose sur le fond, quelque soit la petite musique que vous avez à l’intérieur, Regarde les filles est une belle histoire à la narration efficace et au graphisme plutôt soigné. Une belle histoire avec plein de filles. Et ça c’est chouette !

Eric Guillaud

Regarde les filles, de François Bertin. Editions Vraoum. 20€

30 Jan

Angoulême : le palmarès complet du Festival International de la BD 2016

Fauve d'or 2016 Ici de McGuire

Fauve d’or 2016 Ici de McGuire

Le Festival International de la Bande Dessinée s’achève demain dimanche mais la cérémonie officielle de remise des prix s’est tenue ce samedi en fin de journée. Et les heureux élus sont :

Fauve d’Or, Prix du meilleur album : Ici de Richard McGuire (Gallimard)

Fauve d’Angoulême, Prix du public Cultura : Cher pays de notre enfance d’Etienne Davodeau et Benoît Collombat (Delcourt)

Fauve d’Angoulême, Prix spécial du jury : Carnet de santé foireuse de Pozla (Delcourt)

Fauve d’Angoulême, Prix de la série : MS. Marvel tome 1 de Adrian Alphona et G. Willow Wilson (Panini)

Fauve d’Angoulême, Prix Révélation : Une étoile tranquille de Pietro Scarnera (Rackham)

Prix du public Cultura

Prix du public Cultura

Fauve d’Angoulême, Prix jeunesse : Le Grand méchant renard de Benjamin Renner (Delcourt)

Fauve polar SNCF : Tungstène de Marcello Quintanilha (Ça et là)

Fauve Prix du patrimoine : Vater und Sohn – Père et fils de Oser et Plauen (Warum)

Prix de la BD alternative : Laurence 666 (Mauvaise Foi Editions)

Enfin, pour rappel, le Grand prix a été attribué mercredi au dessinateur belge Hermann. Comme le veut la coutume, il présidera la prochaine édition du FIBD, en janvier 2017.
Eric Guillaud

Angoulême : la Tunisienne Nadia Khiari lauréate du prix « couilles-au-cul »

Je dédie ce prix à tous ceux qui privilégient la liberté à la sécurité, ceux qui n’ont pas peur, ceux qui résistent

© MaxPPP - Jean-Baptiste Quentin

© MaxPPP – Jean-Baptiste Quentin

C’est par ces quelques mots que la dessinatrice tunisienne Nadia Khiari a reçu samedi au Festival off de la BD d’Angoulême le prix « couilles-au-cul » récompensant « le courage artistique d’un auteur ».

Nadia Khiari, 42 ans, s’est lancée dans le dessin satirique depuis la révolution
tunisienne de 2011. Elle est l’auteur des aventures du chat « Willis from Tunis »,
un félin espiègle et moqueur qui ne respecte rien ni personne sauf la liberté.

« Aux pessimistes qui disent que le Printemps arabe est un échec, je dis qu’il
ne faut pas nous sous-estimer. Ca prend du temps. La Révolution c’est long mais
c’est bon« , a dit la lauréate.

Le prix remis dans le cadre du Festival off de la BD d’Angoulême a été créé à l’initiative de Yan Lindingre, rédacteur en chef de Fluide Glacial.

« L’intitulé est volontairement trivial et provoquant mais il permet de rappeler
que le métier des humoristes et en l’espèce des dessinateurs de presse, c’est de
faire rire« , a expliqué Yan Lindingre.

Il existait à Angoulême un Prix Charlie Hebdo de la liberté d’expression, créé au lendemain des attentats de janvier 2015, mais la direction du Festival et Marika Bret, DRH de Charlie Hebdo, ont indiqué en décembre qu’ils ajournaient la remise de ce prix pour des raisons de sécurité. 

Selon eux, une telle récompense était susceptible de mettre en danger son récipiendaire. Yan Lindingre a indiqué « être tombé de son siège » en apprenant cette décision. « Toute proportion gardée, nous pensons au contraire qu’un prix Nobel de la paix n’a jamais nui à son récipiendaire si ce dernier subit des menaces dans son pays », a-t-il dit.

Eric Guillaud avec AFP

Une interview de la dessinatrice ici